La lumière du soleil s’amenuise à la même vitesse que mon cerveau s’allume

Douce boisson qui l’éteint, elle le trouble, elle m’empêche de plonger, de sombrer, elle me maintient à la surface pendant que le temps avance sans moi

Je l’évite et le fuis, lui qui me dévore sans relâche, lui qui me perce, me brule, lui qui tue les enfants pour les transformer en monstre, lui qui crache sur le tableau du monde pour le faire ressembler à la réalité

Si le monde a créé l’âme c’est pour nourrir le temps

Les secondes avancent et la solitude est à deux pats

Douce boisson m’accompagne, elle trouve la beauté dans le noir, l’espoir dans l’obscurité

Elle fait fuir la solitude et ramène le présent

Mais elle est forte, trop forte, elle érode ce pauvre corps qui me transporte, il lâche !

Tous reviennent, le mal, le temps, l’obscurité et la solitude, mes quatre cavaliers de la mort

Si fort, si nombreux, que faire, comment tenir quand même les gorgées ne peuvent plus m’en éloigner ?

Une main sur l’épaule, elle m’éloigne d’eux, elle m’illumine

Ne me lâche pas ! ils vont m’avoir, je dois les combattre, je dois les vaincre mais je ne peux pas tous les affronter en même temps

Une main si fragile, comment oserais-je m’y accrocher alors que mes démons risquent de l’atteindre, je la repousse !

J’en ai peur ! et si cette main frêle et pale appartenait à un démon !

Je m’effondre

Seule solution, créer un soleil dans mon âme, un soleil brulant, brulant ma perception du temps, mon corps et mon âme

Il brule tout et si il n’y a plus rien à attaquer alors les démons mourrons de faim

Je mourrai peut-être avant mais je les aurais oubliés le temps que la bougie aura brulée